BILLET D’HUMEUR

Dans la moiteur d’un soir de juin, la Star Cacademy viendra lâcher sa fiente dévastatrice dans le ruedo de l’arène dacquoise.
TF1, l’abuseur public n°1, installera sa lourde caravane mercantile pour vous présenter le résultat d’un parcours pathétique et navrant.
15 candidats, apprentis artristes, détenteurs d’égos surdimensionnés et de profils psychologiques inquiétants, ont été enfermés 84 jours dans un château de Seine et Marne sous l’œil impitoyable de 41 caméras. Star Academy, le clone déguisé de Loft Story, engrange de colossales sommes d’argent dans la hotte béante de la chaîne en béton armé. Peu importe la méthode et le contenu : appels téléphoniques sur des lignes surtaxées, propos homophobes et racistes… devant un CSA complaisant, le tout, savamment relayé par Internet.
Nous ne serons pas tous complices de cette médiocrité. Nous voulons du sens, pas du son.
La dictature de l’odieux-visuel et les flics zêlés de la pensée dominante placent la surveillance au cœur de la vie sociale et domestiquent la réalité humaine. La disette créatrice n’existe pas.
Partout en France, des artistes avancent dans l’ombre, bien loin de l’écran qui serre les crânes.
Cette foisonnante diversité est une richesse inestimable qu’il ne tient qu’à nous d’amener un peu plus vers la lumière.
J’en appelle à ceux prêts à riposter à toute entreprise de domestication, à ceux qui développent l’assistance au public en danger et qui désintoxiquent les victimes du syndrome Plamondon, à tous ceux qui préfèrent la poésie sur la distance, au profit dans la minute.

Jean-Claude BARENS

Parutions diverses